Lieutenant et Poète
Né à Lyon, vers 1775, il passa trois ans au Canada (1813-1816).
Lieutenant au fameux régiment de Watteville, il fût envoyé à Kingston (Canada) avec son régiment en 1813, pour aider les canadiens à combattre les armées américaines.
Joseph Mermet publia dans le Spectateur Canadien de nombreuses poésies.
Son poème sur la Victoire de Châteauguay, quil publia dès les premiers mois de son séjour au Canada, suffit à fonder son succès dans un pays où les hommes de lettres étaient rares et la critique peu exigeante.
On se disputait dans les salons de Montréal les vers inédits du poète de Kingston. Il est incontestable qu'il exerça, par ses poèmes faciles et légers, d'un lyrisme d'ailleurs assez médiocre, une influence littéraire considérable sur une société encore privée d'une meilleure littérature.
On pourrait lire au sujet de cette influence certaines discussions littéraires auxquelles prit part Joseph Mermet dans le Spectateur Canadien
Légitimiste ardent, le lieutenant Mermet se hâta, à la Restauration, de rentrer en France, où il sattendait de voir enfin récompensé son attachement aux Bourbons.
Mais, complètement méconnu par le nouveau régime, bientôt il regretta amèrement davoir quitté le Canada.
La dernière fois quil donna de ses nouvelles en 1820, il était à Marseille, déçu, pauvre, malheureux.
quelques-uns de ses poèmes :
- L'Angleterre triomphante et la France heureuse
- Épitaphe de Bonaparte (Distique)
- Exécration de Bonaparte
- Extrait de l'incendie pendant le siège de Lyon
- Un Parisien en Sibérie à sa maman
- Le Régime du Bourguignon (1815)
- Le Tableau de la cataracte de Niagara (1815)
- Réponse d'un vétéran à Louis XVIII
- Voeux pour la France en 1801
- Le sicilien au Canada
- La victoire de Châteauguay (1813)
relevé dans lAnthologie des poètes canadiens composée par Jules Fournier. Montréal 1920
- Lettres sur la musique moderne en 1797
- Leçons de belles lettres en 1803/1804
- L'art du raisonnement présenté sous une nouvelle face en 1805
- L'histoire de l'Art à St-Claude parue dans lannuaire du Jura en 1842
- Nombreux éloges sur des personnages éminents tel que le Roi Louis XVI.


J'ai pour médecin la nature
Ma pharmacie est mon jardin,
Et la tisane la plus pure,
Est, selon moi, le meilleur vin.
Dans cette cabane rustique
Les maux ne trouvent point d'accès
Tout me plait, rien ne me fatigue ;
Si je jouis, c'est sans excès.
Je suis riche dans ma campagne ;
Ses épis sont des épis d'or ;
Gentils enfants, bonne compagne
M'aident à cueillir ce trésor.
Partout je trouve la tendresse ;
Partout je vois, j'adore Dieu ;
Et je suis, grâce à sa sagesse,
Content en tout temps, en tout lieu.
C'est à lui que je sacrifie
Et mon existence, et mon sort :
Quand ainsi je passe la vie,
Dois-je donc redouter la mort ?
